Est-ce que l’on sous-estime les risques en eau calme?
Une belle journée d’été, un lac presque immobile, peu de vent et une eau qui semble invitante. Tout paraît réuni pour une sortie sans histoire. Pourtant, c’est justement cette tranquillité qui peut parfois nous faire baisser la garde.
Dans notre région, les lacs et les rivières font partie de notre immense terrain de jeux. On y nage, on y pêche, on s’y aventure en canot, en kayak ou en planche à pagaie. Et parce que nous connaissons bien ces plans d’eau, il peut être facile d’oublier une chose : une eau calme n’est pas nécessairement une eau sans risque.
Le premier élément que l’on sous-estime souvent est la température de l’eau. Même lorsque l’air est chaud et que le soleil brille, l’eau peut demeurer suffisamment froide pour provoquer une réaction importante lors d’une immersion soudaine. Transport Canada rappelle d’ailleurs que les eaux canadiennes peuvent être froides toute l’année et que le choc dû à l’eau froide peut affecter rapidement la respiration et les capacités physiques.
La distance est également trompeuse sur un lac. Une rive ou une petite île peut sembler toute proche lorsqu’on l’observe depuis son embarcation. À la nage, cette même distance peut devenir beaucoup plus importante, particulièrement lorsque la fatigue commence à se faire sentir.
Le vent constitue un autre facteur facile à oublier. Une sortie en kayak ou en planche à pagaie peut commencer dans des conditions presque parfaites. Mais lorsque le vent se lève ou change de direction, revenir au point de départ peut demander beaucoup plus d’efforts que prévu. C’est pourquoi consulter les conditions météorologiques avant de partir demeure une habitude toute simple qui peut faire une grande différence.
Il y a aussi ce que l’on ne voit pas. La profondeur peut changer rapidement, le fond peut être irrégulier et certains secteurs peuvent présenter du courant même lorsque la surface paraît tranquille. Notre expérience et notre capacité à nager sont des atouts, mais elles ne remplacent pas la préparation.
Le vêtement de flottaison individuel (VFI) demeure donc l’un des moyens les plus simples de réduire les risques lorsqu’on pratique une activité nautique. Transport Canada insiste sur un point important : avoir un VFI dans l’embarcation n’offre pas la même protection que de le porter. En cas de chute inattendue, particulièrement dans l’eau froide, il peut être extrêmement difficile de le récupérer et de l’enfiler.
Quelques habitudes simples permettent ainsi de profiter de nos plans d’eau avec davantage de sécurité : porter un VFI bien ajusté, vérifier la météo, connaître ses limites, éviter de partir seul lorsque possible et informer quelqu’un de l’endroit où l’on prévoit aller.
Nos lacs et nos rivières comptent parmi les plus beaux endroits où profiter de l’été dans notre région. Il ne s’agit certainement pas de s’en méfier, mais plutôt de les respecter. Parce qu’en plein air, les dangers les plus évidents ne sont pas toujours ceux qui méritent le plus notre attention.

À lire aussi :