En novembre, quand le jardin s’endort, le jardinier rêve déjà à la prochaine saison.
Novembre marque cette transition particulière où la terre se met doucement au repos. J’ai cueilli mes dernières carottes, ramasser ici et là les dernières tiges de persil, les dernières feuilles tourbillonnent, les outils sont rangés, et le jardin, compagnon fidèle des beaux jours d’été, ferme tranquillement les yeux pour l’hiver.
Pour plusieurs, c’est la fin. Pour les passionnés comme moi, c’est plutôt le début de quelque chose.
Lorsque la saison extérieure se termine, une autre pousse discrètement, celle de la préparation de la prochaine saison. Novembre devient alors un mois de réflexion, un mois où l’on prend le temps de revoir ce qui a fleuri, ce qui a moins fonctionné, et ce qui pourrait éclore davantage l’an prochain.
C’est un moment pour feuilleter ses notes, revoir ses photos de plates-bandes estivales et rêver aux nouvelles variétés qui viendront enrichir le jardin la prochaine saison.
Les soirées plus longues, il fait noir à 5 heures bout de viarge! et le froid qui s’installe invite à ralentir. Et dans ce ralentissement, on trouve l’espace parfait pour planifier : choisir ses semences, ajuster son aménagement, repenser ses bacs, imaginer de nouvelles couleurs, de nouvelles textures, de nouvelles récoltes.
Le repos du jardin devient ainsi une invitation à nourrir ses idées.
Car préparer une saison au jardin, ce n’est pas seulement prévoir ce que l’on plantera… c’est aussi s’offrir un petit moment d’introspection, reconnecter avec ce que la nature nous a appris au fil des mois. La patience. L’observation. La capacité de recommencer, différemment, mieux.
En novembre, le jardin s’endort. Mais le jardinier, lui, commence déjà à rêver à la prochaine saison.
Photo de Charlotte Thomas sur Unsplash